Thermalisme & Cures

Liste des cures thermales remboursées par la Sécurité sociale

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Liste des cures thermales remboursées par la Sécurité sociale

La Sécurité sociale prend en charge les cures thermales prescrites dans l’une des 12 orientations thérapeutiques reconnues. La France compte près de 90 stations agréées et rembourse 65 % du forfait thermal sur prescription médicale. Voici la liste complète des cures conventionnées, les pathologies éligibles et les démarches à suivre, y compris pour le diabète.

Les 12 orientations thérapeutiques agréées par la Sécurité sociale

La Sécurité sociale reconnaît douze orientations pour les cures conventionnées. Chaque établissement détient un agrément pour une ou plusieurs d’entre elles. Le médecin prescripteur choisit l’orientation selon la pathologie du patient, et seule une cure rattachée à ces catégories ouvre droit au remboursement.

Orientation thérapeutiquePathologies principalesStations agréées
Rhumatologie (RH)Arthrose, lombalgies, fibromyalgieDax, Balaruc-les-Bains, Aix-les-Bains
Voies respiratoires (VR)Asthme, sinusite chronique, bronchiteCauterets, Luchon, Amélie-les-Bains
Dermatologie (DER)Psoriasis, eczéma, dermatite atopiqueLa Roche-Posay, Avène
Phlébologie (PHL)Insuffisance veineuse, jambes lourdesBagnoles-de-l’Orne, Barbotan
Affections digestives et métaboliques (AD)Colopathie, diabète de type 2, obésitéVichy, Brides-les-Bains
Gynécologie (GYN)Endométriose, infections chroniquesSalies-de-Béarn, Luxeuil
Neurologie (NEU)Séquelles neurologiques, névralgieLamalou-les-Bains, Néris-les-Bains
Affections psychosomatiques (PSY)Anxiété, troubles du sommeilDivonne-les-Bains, Saujon
Affections urinaires (AU)Calculs rénaux, infections récidivantesÉvian-les-Bains, Vittel
Affections bucco-linguales (ABL)Gingivite chronique, parodontopathieLa Bourboule, Castéra-Verduzan
Maladies cardio-artérielles (ACV)Artérite, hypertensionRoyat, Le Boulou
Développement de l’enfantÉnurésie, troubles de croissanceSalies-de-Béarn

La rhumatologie concentre à elle seule près de 75 % des prescriptions de cures conventionnées, selon Médecine thermale. Les voies respiratoires et la dermatologie suivent. En 2025, 467 874 curistes ont suivi une cure remboursée, dont 34,8 % en double orientation, d’après l’Observatoire national de l’économie des stations thermales.

Conditions de prise en charge d’une cure conventionnée

Pour qu’une cure soit remboursée, trois conditions se cumulent. L’absence d’une seule annule la prise en charge, sans rattrapage possible.

  • Prescription médicale : le médecin traitant, un spécialiste ou le médecin du travail remplit le formulaire Cerfa n° S3185 de demande d’entente préalable.
  • Établissement agréé : la cure se déroule dans une station conventionnée, agréée pour l’orientation prescrite. La liste figure sur ameli.fr.
  • Durée de 18 jours : la cure impose 18 jours de soins effectifs, répartis sur 21 jours de séjour. Toute interruption non justifiée médicalement fait perdre le remboursement.

La Sécurité sociale rembourse 65 % du forfait thermal, compris entre 500 et 1 200 €, et 70 % des honoraires de surveillance médicale. Pour les patients en affection longue durée, le taux monte à 100 %. La règle d’or : une seule cure remboursée par personne et par année civile, même en cas de pathologies multiples.

Cure thermale et diabète : ce que la Sécu rembourse

Le diabète de type 2 ouvre droit à une cure remboursée au titre de l’orientation affections digestives et maladies métaboliques. La prescription suit le circuit classique : formulaire Cerfa, accord de la CPAM, station agréée. Le forfait thermal est pris en charge à 65 %, comme toute cure conventionnée.

Les soins ne remplacent pas le traitement médicamenteux, ils le complètent. Les protocoles associent bains et douches aux eaux bicarbonatées, éducation nutritionnelle et activité physique adaptée. L’objectif vise l’équilibre glycémique, la perte de poids et la prévention des complications vasculaires. Plusieurs stations sont agréées pour cette orientation :

  • Vichy (Allier) : référence historique des troubles métaboliques, eaux bicarbonatées sodiques
  • Vittel et Contrexéville (Vosges) : eaux diurétiques adaptées au diabète et au surpoids
  • Brides-les-Bains (Savoie) : station amaigrissement de référence, environ 5 000 curistes par an
  • Capvern-les-Bains (Hautes-Pyrénées) : double orientation digestive et métabolique

Le patient diabétique souvent concerné par l’arthrose liée au surpoids peut viser une cure combinée rhumatologie et amaigrissement, au titre de la double orientation.

Cure thermale en Bretagne : pourquoi rien n’est remboursé

La Bretagne ne possède aucune station thermale conventionnée. La région manque de sources d’eau minérale naturelle exploitables, condition géologique du thermalisme. Ses établissements côtiers, Saint-Malo, Roscoff ou Perros-Guirec, pratiquent la thalassothérapie : des soins à l’eau de mer chauffée, sans agrément médical et sans remboursement Sécu.

La confusion est fréquente. Thermalisme et thalassothérapie partagent les bassins, les jets et la détente, mais pas le statut. Une cure conventionnée suppose une eau minérale agréée par l’Académie de médecine ; la thalasso relève du bien-être, hors nomenclature de l’Assurance maladie. Un curiste breton qui cherche une prise en charge doit sortir de sa région.

Les deux bassins conventionnés les plus proches sont la Normandie, avec Bagnoles-de-l’Orne, seule station thermale du Grand Ouest, et la Nouvelle-Aquitaine, qui aligne Dax, Saujon ou Rochefort. Le même raisonnement vaut pour l’Île-de-France, les Hauts-de-France ou la Corse, dépourvus d’établissements agréés.

Pathologies ouvrant droit à un remboursement

Chaque orientation couvre des pathologies précises, indiquées par le médecin sur le formulaire. Voici les indications les plus prescrites par grande famille.

En rhumatologie, les cures éligibles visent l’arthrose du genou, de la hanche et du rachis, les lombalgies chroniques, la fibromyalgie, les tendinites récidivantes et les rhumatismes inflammatoires stabilisés. L’étude Thermarthrose a mesuré une amélioration de la douleur chez 53,8 % des curistes à 9 mois. Le détail des protocoles figure dans notre guide sur la cure thermale en rhumatologie.

En dermatologie, le psoriasis, l’eczéma atopique et les dermatites chroniques répondent aux eaux sulfurées et silicatées. La station de La Roche-Posay accueille plusieurs milliers de curistes par an dans cette orientation. En voies respiratoires, l’asthme, les sinusites chroniques et les otites récidivantes de l’enfant comptent parmi les indications les plus fréquentes, traitées par les eaux soufrées pyrénéennes de Cauterets et Luchon.

Démarches pour obtenir l’accord de la Sécurité sociale

La procédure suit quatre étapes. Le délai entre la consultation et le début de la cure varie de 6 à 10 semaines, ce qui impose d’anticiper.

  1. Consultation médicale : le médecin remplit le formulaire Cerfa n° S3185, volet 1 pour la caisse, volet 2 pour la station.
  2. Envoi à la CPAM : le patient adresse le formulaire à sa caisse au moins 4 semaines avant la date souhaitée.
  3. Accord préalable : la CPAM notifie sa décision sous 15 jours. L’absence de réponse passé ce délai vaut accord tacite.
  4. Réservation : une fois l’accord obtenu, le curiste réserve directement auprès de la station.

Le formulaire se télécharge sur ameli.fr. Le médecin y précise l’orientation, la station choisie et la période. La CPAM refuse rarement une première demande correctement remplie, dès lors que la pathologie figure parmi les 12 orientations agréées.

Remboursement : ce que couvre la Sécu, ce qui reste à charge

Le remboursement d’une cure thermale porte sur deux postes : le forfait thermal et la surveillance médicale. L’hébergement, le transport et les repas restent à la charge du curiste, sauf aide sous condition de ressources.

PostePrise en charge SécuReste à charge estimé
Forfait thermal (soins)65 %175 à 420 €
Surveillance médicale70 %20 à 30 €
Hébergement (21 nuits)0 %500 à 1 500 €
Transport65 % (sous conditions)Variable

Pour les soins seuls, le reste à charge se situe entre 150 et 400 €, souvent comblé par la mutuelle. MGEN, Harmonie Mutuelle et AG2R La Mondiale prévoient des forfaits cure de 100 à 400 €, parfois étendus à l’hébergement. Les revenus modestes, sous un plafond de ressources révisé chaque année, accèdent à la prise en charge du transport et à des indemnités journalières. Le dossier complet du remboursement de l’hébergement détaille ces aides.

Choisir sa station agréée

Le choix repose sur trois critères : l’orientation prescrite, la localisation et l’hébergement disponible. La liste des établissements agréés est consultable sur ameli.fr, rubrique cure thermale, ou via notre guide des cures thermales en France.

Les stations à hébergement intégré simplifient l’organisation. Dax dispose de 15 établissements et d’une offre hôtelière étendue. Balaruc-les-Bains, première station de France en fréquentation, propose des résidences à tarifs négociés pour curistes. Hors saison, de septembre à novembre et de mars à mai, les tarifs d’hébergement baissent de 20 à 35 %, avec de meilleures disponibilités.

Cure conventionnée, mini-cure et cure libre : laquelle est remboursée

Seule la cure conventionnée ouvre droit au remboursement Sécu. La distinction compte avant de réserver, car deux formules voisines n’offrent aucune prise en charge.

La cure conventionnée impose 18 jours de soins effectifs et une prescription médicale. C’est l’unique formule remboursée à 65 % du forfait thermal. La mini-cure, de 3 à 12 jours, s’adresse à ceux qui veulent tester les soins sans s’engager trois semaines : aucun remboursement Sécu, mais certaines mutuelles versent un forfait dédié, pour un budget de 200 à 600 €. La cure libre, accessible sans ordonnance, relève du bien-être thermal, hors nomenclature de l’Assurance maladie.

Cette frontière explique bien des déconvenues. Réserver une mini-cure en pensant être remboursé conduit à un refus de la CPAM. Avant tout dépôt de dossier, vérifiez que la station est conventionnée pour votre orientation et que la durée atteint les 18 jours réglementaires.

Les chiffres clés du remboursement à connaître

La France accueille chaque année des centaines de milliers de curistes dans ses stations agréées : 467 874 en 2025, en léger recul de 1,16 % sur un an. Ce tassement s’explique par la baisse du pouvoir d’achat et les débats récurrents sur un éventuel déremboursement, jamais acté à ce jour.

Sur le terrain, l’accord préalable de la CPAM arrive en 15 jours à 3 semaines. Le reste à charge moyen pour les soins, après Sécu et mutuelle, tient dans une fourchette de 150 à 400 €. Le poste qui pèse vraiment reste l’hébergement, jamais couvert par la Sécu, qui peut dépasser le coût des soins eux-mêmes.

Anticipez les démarches au moins deux mois avant la date souhaitée. La haute saison estivale sature les stations les plus demandées, comme Bagnoles-de-l’Orne en Normandie ou les pôles landais. Réserver hors saison sécurise la place et allège la facture d’hébergement.

Prochaine étape : vérifier que votre pathologie relève d’une orientation agréée, puis demander la prescription à votre médecin au moins deux mois avant la date souhaitée. Le formulaire validé sécurise votre place et déclenche le remboursement.

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